AFP
lundi 2 novembre 2009

Plan cancer: les anti-tabac restent sur leur faim

Tabac et alcool ont été pointés du doigt comme facteurs de risque de cancer par Nicolas Sarkozy, mais si le président a annoncé plusieurs mesures concrètes, il n'a pas répondu aux attentes des anti-tabac sur l'augmentation du prix des cigarettes.
Photo publiée sur le site du département santé de la Commission européenne de photo choc sur un paquet de cigarettes.
Tabac et alcool ont été pointés du doigt comme facteurs de risque de cancer par Nicolas Sarkozy, mais si le président a annoncé plusieurs mesures concrètes, il n'a pas répondu aux attentes des anti-tabac sur l'augmentation du prix des cigarettes.
Poumon, pharynx, oesophage, bouche, foie... Le tabac et l'alcool sont à l'origine de 28% des cancers en France, selon un rapport de 2007. Le tabac reste de loin, devant l'alcool, la première cause évitable de cancer : il était à l'origine de 29.000 décès en 2000.
Le chef de l'Etat a admis avoir "beaucoup hésité" sur la hausse du prix du tabac, les associations de lutte contre le tabagisme réclamant une augmentation dissuasive de 10%, jugée trop élevée par les cigarettiers comme les buralistes.
"6% en période d'inflation nulle c'est une forte progression (...) j'ai rendu cet arbitrage, je l'assume", a insisté M. Sarkozy lors de la présentation lundi à Marseille du nouveau Plan Cancer, reconnaissant des divergences au sein même du gouvernement.
La ministre de la Santé Roselyne Bachelot s'était déclarée favorable à une hausse de 10%.
"Aujourd'hui, le plan Cancer 2 s'ouvre sur une coupable entente cordiale entre notre gouvernement et l'industrie du tabac", a commenté l'Alliance contre le tabac.
"L'arbitrage s'est fait en faveur des buralistes contre la santé publique", a déclaré à l'AFP son président, le pneumologue Yves Martinet. L'augmentation de 6% en 2007 "n'a eu aucune incidence sur la consommation", a-t-il rappelé.
Les ventes avaient en revanche très fortement diminué (plus d'un tiers) sous l'effet de l'accroissement spectaculaire des prix au début du premier plan cancer de Jacques Chirac en 2003-2004.
Bertrand Dautzenberg, président de l'Office français de prévention du tabagisme (OFT), a estimé que pour le 2e plan "le service minimum a été fait".
Le pneumologue "aurait préféré une annonce de 10%", mais a nuancé : "On sait qu'une augmentation faible a plus d'influence si c'est annoncé fortement par le chef de l'Etat".
Les Pr Martinet et Dautzenberg ont salué l'annonce de la hausse de 50 à 150 euros du remboursement des substituts nicotiniques, en 2010, pour les femmes enceintes et les bénéficiaires de la couverture maladie universelle (CMU).
"Il est clair que cela va faciliter la prise en charge des précaires", a estimé le Pr Dautzenberg.
Pour ce qui est des images-choc de poumons ou de dents abîmés sur les paquets de cigarettes, "on n'avance pas", a déploré le Pr Martinet. Mme Bachelot avait indiqué espérer pouvoir apposer de tels avertissements visuels fin 2009. M. Sarkozy n'a donné lundi aucune précision de date.
En ce qui concerne l'alcool, le président a annoncé qu'en 2011 la quantité d'alcool devra être indiquée sur chaque bouteille, ce qui était réclamé par l'Académie nationale de médecine.
Le député PS Jean-Marie Le Guen y a vu "une mesurette peu pédagogique et peu efficace pour lutter contre la consommation d'alcool surtout quand on vient de libéraliser la publicité pour l'alcool sur internet".
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